Fever a été présenté à Peggy Lee par Max Bennett, son bassiste à l'époque. Ce dernier avait entendu pour la première fois la chanson, un succès du chanteur de R&B Little Willie John en 1956, alors qu'il travaillait dans un petit club et pensé qu'elle était tout à fait faite pour Lee. La chanteuse a été d'accord: après avoir simplifié l'arrangement, effectué quelques changements de tonalité et ajouté quelques vers de son cru, qu'elle n'avait pas fait protéger par un copyright-"Cela ne m'est pas venu à l'idée", à t-elle regretté 30 ans plus tard-, elle a créé un véritable "tube".
Il y a peu de points communs entre l'original de John et la version entièrement revisitée par Lee. La voix cassée de John est plus dure et plus désespérée, et l'orchestre qui l'accompagne plus important. L'interprétation de Lee, en revanche, est plus mystérieuse et sensuelle, et uniquement accompagnée par la batterie de Shelly Manne, jouée à mains nues, par les claquements de doigts d'Howard Roberts et par la basse, non de Bennett mais de Joe Mondragon. Bennett a proposé la chanson à Lee et pensait certainement interpréter sa partition de basse, mais il n'a pas pu se rendre à la session parce qu'il étit alors en tournée avec Ella Fitzgerald.
La reprise de Peggy Lee surpassait l'original de Little Willie John, et a figuré dans le Top 10 des deux côtés de l'Atlantique en 1958. Fever est devenue sa chanson de prédilection, très prisée du public tout au long d'une carrière qui s'est étendue sur 4 décennies. Mais la carrière la plus intéressante, après Fever, a été celle de Bennett, malheureusement absent à l'époque,mais influent: ce musicien de jazz s'est reconverti en bassiste électrique. Plus d'une décennie plus tard, il participait à des classiques du rock aussi disparates que Hot Rats et Chunga's Revenge de Frank Zappa et The Hissing of Summer Lawns de Joni Mitchell. (Source: Les 1001 chansons..., Editions Flammarion)
Bien que sortie en 1956, ce n'est que lors de sa réédition que l'album live At Folsom Prison en 1968 que Folsom Prison Blues a atteint la 1ere position du hit-parade américain de Billboard. Cash a eu l'idée d'écrire cette chanson après avoir vu un documentaire intitulé Inside the Walls of Folsom Prison (A l'intérieur des murs de la prison de Folsom) en 1951. Il s'est inspiré de la chanson Crescent City Blues de Gordon Jenkins; en 1968, Jenkins attaque Cash en justice et gagne le procès.
Cash s'identifiait étroitement aux prisonniers et aux opprimés et avait associé deux des thèmes les plus appréciés de la musique populaire: la prison et le train. A propos des vers mémorables de la chanson que l'on peut traduire par "J'ai tiré sur un homme à Reno/Simplement pour le voir mourir", Cash avait déclaré: "Je m'étais assis, un crayon à la main, tentant de penser à la pire raison pour laquelle une personne voudrait en tuer une autre, et c'est cela qui m'est venu à l'esprit."
Cash allait devenir un habitué de l'univers carcéral, se produisant devant les prisonniers. Toutefois, les cris qui accompagnent les vers les plus sombres de la chanson sur la version live auraient été ajoutés après l'enregistrement, car les prisonniers craignaient trop les représailles de leurs gardiens. Cash interprétait souvent Folsom Prison blues durant ses concerts, un titre emblématique de son image d'homme vêtu de noir, rebelle, qui lui a permis d'influencer le monde de la musique du rockabilly au punk. (Source: Les 1001 chansons..., Editions Flammarion)
Le fado (mot qui signifie "destin, destinée") est un genre de musique populaire portugaise, souvent nostalgique. Aujourd'hui considérée comme la plus grande fadista (chanteuse de fado), Amalia Rodrigues était déjà une immense star au Portugal lorsque l'auteur de la chanson Alberto Janes un inconnu, avait frappé à sa porte pour lui proposer sa composition intitulé Foi Deus (C'est Dieu). Les paroles semblaient avoir été écrites pour la chanteuse. Celles ci peuvent être traduites ainsi: "Je ne sais pas et personne ne sait pourquoi je chante le fado avec un tel tourment et ce ton blessé...Je pleure en chantant...C'est Dieu qui m'a donné cette voix.". Elle en a enregistré sa plus célèbre version deux ans plus tard, aux studios Abbey Road de Londres.
A l'âge de 22 ans, Amalia possédait une technique vocale accomplie, associant la précision et le contrôle d'une diva de l'opéra à l'honnêteté émotionnelle d'une chanteuse populaire. Cet arrangement met en scène le trio classique du fado: la basse acoustique, la guitare espagnole et la guitarra portuguesa à douze cordes. Foi Deus est une chanson associée si fortement à Amalia que peu d'autres artistes ont osé l'enregistrer. Cependant, en 1992, le chanteur angolais Waldemar Bastos, qui vit à Lisbonne, en a réalisé une version brillante. Son interprétation dépouillée, n'est constituée que de sa voix et d'une guitare, mais il met beaucoup d'émotion personnelle dans la chanson. (Source: Les 1001 chansons..., Editions Flammarion)
Le fandango est une danse espagnole qui comprend plusieurs variétés, Rimski-Korsakov a introduit un fandango asturien dans le morceau final du Cappricio espagnol. Celui de la chanson fut interprété par Luis Mariano. Basque célèbre, né à Irun et enterré à Arcangues. (Source: Y'a d'la France en chansons, Editions Larousse)
Grandi dans le décor industriel de Saint-Etienne, où son père est ouvrier métallurgiste et délégué syndical, Bernard Lavilliers s'initie très tôt au militantisme. Dès la fin des années 60, ses débuts dans la chanson, marqués par la tendance rive gauche, révèlent déjà un talent d'écriture puisé dans la littérature, une passion due à sa mère, enseignante. Après un séjour au Brésil, il élargit ses horizons musicaux, Lavilliers découvre, au hasard des obligations militaires, la Lorraine sidérurgique. Il s'y produit dans les MJC et les meetings syndicaux. Ses nouvelles compositions affichent un peu plus son engagement en faveur d'un monde ouvrier malmené par le système. Devenu plus rock, il rencontre ses premiers succès avec l'album Les barbares en 1976, où figurent les créations comme Fensch Vallée... Depuis, Lavilliers, baroudeur impénitent, n'a cessé de métisser ses musiques en traquant l'inspiration aux quatre coins du monde. Ses enregistrements successifs sont, dès lors, peuplés d'instantanés ramenés de périples sur le continent noir, en Jamaïque ou en Amérique du Sud, sans oublier une critique acerbe de la mondialisation, comme dans Troisièmes Couteaux. (Source: Y'a d'la France en chansons, Editions Larousse)
Né à Choiseul en Haute-Marne, Yves Simon n'a que 7 ans quand sa famille s'installe, après une mutation du père cheminot, à Contrexéville, cité thermale de la plaine des Vosges. dans une relative liberté, il va vire là des moments déterminants de son existence. Les chansons et les romans qui ont fait sa gloire sont truffés d'épisodes renvoyant à cette époque. Ses grands débuts musicaux ont eu lieu à "Contrex", comme il appelle familièrement la ville de sa jeunesse. Il s'y produit avec son groupe les Korrigans, sur la scène du casino local. C'est là aussi que, à la fin des années 60, alors étudiant à Paris, il fait ses premiers pas officiels en lever de rideau de Bécaud. La littérature l'a déjà reconnu avec un premier roman, Jours en couleurs, quand il impose son nom dans la chanson en enregistrant l'inoubliable Au pays des merveilles de Juliet en 1973. Il n'a cessé, depuis, de tenir le haut de l'affiche. (Source: Y'a d'la France en chanson, Editions Larousse)
Longtemps, la vie d'André Verchuren, le roi du musette, s'est résumée à 150 galas par an, honorés en parcourant plus de 100 000 kilomètres. A sa manière, le musicien est l'homme de tous les records avec plus de 60 millions de disques vendus. De bals populaires en galas privés, son accordéon a fait tournoyer sur les parquets cirés plus de 15 millions de personnes. Tout commence en 1927, quand osn père lui transmet sa passion pour le "piano à bretelles". Il n'a que 6 ans. Trois années plus tard, le gamin qui rêvait de gloire cycliste anime ses premiers galas. Il va très vite rafler tous les prix des concours. En 1934, il est sacré "champion du monde" de l'instrument. La guerre va balayer cette gloire naissante. Depuis, l'accordéoniste le plus illustre de France a volé de succès en succès avec des classiques du genre, les chansons du moment ou ses propres créations: au début des années 60, il se classe en tête des hit-parades avec Le carillon d'Alsace et Les fiancés d'Auvergne. Son nom a même brillé sur le fronton de l'Olympia. Au total, il aura vendu plus de 70 millions de disques. Ses deux fils, André Junior et Harry Williams ont repris le flambeau. (Source: Y'a d'la France en chansons, Editions Larousse)
Une chanson qui colle parfaitement au style Gréco dans le genre chanson gaie. Il y a dans sa voix une légère gouaille parisienne qui fait magnifiquement ressortir l'ambiance 14 juillet. C'est aussi l'exemple d'un Jean Ferrat capable de composer pour d'autres. Il faut également souligner la précision des mots de Goerges Coulonges qui contribue beaucoup au succès de cette chanson. (Source: La Chanson Française à travers ses succès:Pierre Saka, Editions Larousse)
Cette composition de Trenet, qui n'a figuré dans aucun hit-parade, a fait l'unanimité des professionnels. Pour eux, c'est sa plus grande chanson. De tous les auteurs-compositeurs-interprètes, aucun ne peut s'enorgueillir d'un tel choix et d'une telle distinction, et très peu auront, autant influencé les générations suivantes. (Source: La Chanson Française à travers ses succès: Pierre Saka, Editions Larousse)
Chanson-hommage à Frédéric Gérard, patron du célèbre cabaret Le Lapin agile (ou Lapin à Gill), que Bruant lui avait légué en 1903 et qui fut fréquenté par Mac Orlan et Francis Caro. Michel Vaucaire et sa femme Cora eurent l'idée de cette chanson, à la suite de nombreuses histoires que l'on racontait à Montmartre sur les origines de cette petite salle que l'on appelait "le cabaret des assassins"! (Source: La Chanson Française à travers ses succès: Pierre Saka, Editions Larousse)
Le trimardeur, album sorti en 1965 avec l'appui de Mouloudji, ne comportait encore que des adaptations de Protest songs de PEte Seeger, Woody Guthry ou Tom Paxton. L'album suivant, intitulé tout simplement Graeme Allwright, est celui dans lequel cet artiste définit son style avec le plus de profondeur et de poésie. Dans ce nouvelle opus, Graeme Allwright propose ses propres chansons originales: Joue joue joue, Henrik La plage, Dommage. Il s'entoure également de musiciens marquants, comme Don Burke à la guitare, ou le harpiste Alain Cochevelou, plus connu sous le nom d'Alan Stivell. Joue joue joue est sans conteste le titre phare de ce 33 tours, qui lance définitivement la carrière de du néo-Zélandais en France, et pose une pierre fondamentale de l'édifice de la musique folk en France. (Source: Fiche "Joue joue joue", Collection "plaisir de Chanter", Editions Atlas)
Barbara, qui est sorti en 1996, est l'ultime album de la "chanteuse de minuit". Bien qu'il ait été enregistré avec le concours de jeunes artistes, tels que l'ex-Téléphone Jean-Louis Aubert et Guillaume Depardieu, Barbara n'y chantait pas moins la solitude (avec comme d'habitude une émotion qu'elle savait transmettre. Femme piano, tout particulièrement est hautement symbolique du mal de vivre que la chanteuse a connu tout au long de son existence. Une chanson autobiographique [que je vous propose dans une interprétation parlée, enregistré au Chatelet et que je trouve de toute beauté], donc, qui est venue conclure une carrière exceptionnelle. (Source: Fascicule "L'encyclopédie de la chanson française n°44", Polygram Collections)
Camerounaise, Princess Erika est née à Paris et a grandi en écoutant la musique favorite de es parents, celle du légendaire Prince Nico M'Barga, un des maîtres de la musique pop nigérienne. Nourri de cette influence, plus une bonne dose de blues et de reggae, Princess démarre un groupe avec ses sœurs. Mais c'est en solo qu'elle connait son premier hit Trop de blabla, à l'été 1988, suivi d'un premier album dans la même veine afro/rap/ragga. En 1995, pour D'origine, c'est vers Londres qu'elle se tourne, empruntant des rythmes au funk et à la soul et nous offrant par la même occasion le hit Faut qu'j'travaille... (Source: Fascicule "La Discothèque du 20e siècle: 1996", Polygram Direct)
Extraite de l'album C'est déjà ça, Foule sentimentale est l'une des chansons les plus caractéristiques de l'univers d'Alain Souchon. Seul et non pas avec Laurent Voulzy, il se faisait ici le chroniqueur de la société occidentale des années 90 et du star-system en particulier, allant jusqu'à égratigner le Top Model Claudia Schiffer. Entrée dans les hit-parades en octobre 1993, Foule sentimentale est restée classée jusqu'au mois de mars suivant. Quant à l'album, il s'est vendu à plus d'un million d'exemplaires! (Source: Fascicule "L'encyclopédie de la chanson française n°15", Universal Collections)
Bien que leur premier opus (The Christians 1987) ait été certifié double disque de platine et que le single Words ait atteint la première place des charts anglais en 1989, la carrière des Christians ne saurait se résumer à ces deux disques. En 1992, en effet, le groupe de Liverpool retrouve le chemin des hit-parades avec Father, une nouvelle petite merveille de la "soul aux yeux bleus". (Source: Fascicule "Au Cœur des Slows n°16",, Universal Collections)
Si les débuts ont été difficiles, la maison de disque Virgin n'a pas eu à regretter d'avoir accordé sa confiance aux Innocents. Ainsi, en 1991, le groupe de Jipé s'enfermait dans les studios pour un album qui allait faire date: Fous à lier. Grâce, en particulier à la chanson éponyme, qui est l'une des grandes réussites de la scène pop rock des années 90, ce premier opus s'est en effet vendu à quelques 500 000 exemplaires. Il a aussi valu aux Innocents le Bus d'acier (autrement dit le trophée du meilleur groupe rock), le prix de la Sacem et, en 1994, la Victoire de la musique dans la catégorie meilleur groupe de l'année. (Source: Fascicule "L'encyclopédie de la chanson française n°34", U.M.K. Collections)
C'est après que Florence Arthaud eut battu le record de la traversée de l'Atlantique en solitaire (août 1990) que Pierre Bachelet composait cette chanson. Une chanson en forme d'hommage à la grande navigatrice-mais aussi un superbe duo avec celle ci. Flo a logiquement trouvé le chemin des hit-parades à l'automne 1990. On a aujourd'hui une pensée émue pour Pierre Bachelet, qui, âgé de 60 ans seulement, nous a quitté le 15 février 2005. (Source: Fascicule "L'encyclopédie de la chanson française n°44", Polygram Collections)
Julien Clerc a inauguré les années 90 avec un album considéré depuis lors comme l'un de ses tout meilleurs. Enregistré à New York sous la direction artistique de Phil Ramone, Fais moi une place, s'est également traduit par une collaboration profonde et fructueuse avec d'excellents auteurs qui, à l'image de Jean-Louis Murat, de Françoise Hardy ou du fidèle Maurice Vallet, ont parfaitement su transcrire l'univers poétique du chanteur. Outre la chanson-titre, Fille du feu en est un exemple lumineux. Elle est l'une des chansons symboles du renouveau de Julien Clerc. (Source: Fascicule "L'encyclopédie de la chanson française n°44", Polygram Collections)
C'est à New York, sous la direction de Phil ramone (Billy Joel) que Julien Clerc a inauguré les années 90 avec Fais moi une place. Un bien bel album, en vérité pour lequel Jean-Claude Vannier, David McNeil, Jean-Louis Murat ou Françoise Hardy y sont allés de leur plume. Françoise Hardy, notamment, a écrit les paroles de la chanson-titre, sur l'une des plus émouvantes mélodies de Julien Clerc. La chanson est entrée dans les hit-parades en janvier 1990: elle y est restée pour plusieurs semaines. (Source: Fascicule "L'encyclopédie de la chanson française n°34", U.M.K. Collections)