Mack the knife a figuré au sommet des hit-parades américain et britannique. La chanson a été écrite en 1928 pour la ballade de Brecht et Weill intitulée Die Moritat von Mackie Messer (La complainte de Mackiel le Surineur), qui était le thème de leur Opéra de quat'sous-Mackie s'inspirant du personnage de Macheath dans L'opéra du gueux de Joh Gay. Mark Blitzstein en avait rédigé les paroles en anglais en 1954.
Bobby Darin a eu envie d'interpréter la chanson après avoir entendu la version de Louis Armstrong en 1956. Au début, il n'était pas certain de vouloir la sortir sous la forme d'un 45 tours, mais celle ci est restée classée 9 semaines en tête du Hot 100 de Billboard et la version jazzy de Darin était la meilleure, selon Frank Sinatra.
Sinatra avait un excellent jugement. Le plus gros succès de Darin lui a valu d'obtenir les Grammy de meilleur nouvel artiste de l'année (1959) et de meilleure performance vocale. Même s'il n'allait jamais faire mieux que Mack the knife, Darin a créé plusieurs chansons qui ont figuré dans le Top 10 jusqu'au milieu des années 60, mais sa popularité a décru avec la multiplication des chanteurs écrivant leurs propres textes. Cependant, cette chanson n'a jamais été réellement démodée et a été reprise par le chanteur des Who, Roger Daltrey, sur la bande originale du film Mack the knife (1989) ainsi que par Kevin Spacey, qui joue le rôle de Darin dans Beyond the sea. (Source: Les 1001 chansons..., Editions Flammarion)
Cliff Richards & The Drifters (qui deviendraient les Shadows suite à une série de changements au sein du groupe) ont véritablement percé au cours d'une émission diffusée le samedi matin et présentant des artistes de talents au cinéma Gaumont du quartier de Shepherd's Bush à Londres. Georges Ganyou, un agent artistique de théâtre, avait financé l'enregistrement d'une démo du groupe afin que celui ci puisse faire sa promotion auprès des maisons de disques. Le producteur de EMI, Norrie Paramor, a été impressionné par ces versions de classiques du rock'n'roll comme Breathless et Lawdy Miss Clawdy et a accordé une audition au groupe. Tout cela a abouti à l'enregistrement d'un vinyle sur la face A duquel figurait Schoolboy Crush, la ballade de Bobby Helm. Sur l'autre face, on trouvait un titre de rock écrit par le guitariste londonien Ian Samwell, ancien membre des Drifters. Le titre de Samwell, Move it! , a fait sensation lorsque le producteur et diffuseur Jack Good l'a fait réinterpréter par Richard au cours de son émission télévisée, Oh Boy! Cela a permis à la chanson d'atteindre la 2e position du palmarès britanniques des singles.
La partition de guitare démultipliée était une bonne entrée en matière pour la chanson, mais celle-ci a surtout plu grâce à la sensualité ardente de ses paroles et elle a ainsi lancé la carrière de Cliff Richard, qui allait durer six décennies. Pour les britanniques, qui n'avaient jamais vu Elvis, Move it! était ce qui se rapprochait le plus de ce que faisait l'artiste américain, avant que le mouvement Beat ne remplace le rock'n'roll. (Source: Les 1001 chansons..., Editions Flammarion)
Au moment de sa mort en 1988, après être tombé de la fenêtre d'un hôtel à Amsterdam, la voix de Chet Baker avait déjà été dévastée par 40 années d'abus de stupéfiants. Mais il laisse le souvenir d'un jeune homme fragile interprétant avec délicatesse My funny Valentine.
Baker avait découvert cette ballade-écrite à l'origine pour la comédie musicale Babes in arms jouée à Broadway- alors qu'il jouait de la trompette avec le quartette de Gerry Mulligan en 1952. Son biographe James Gavin explique que l'artiste était fasciné par cette chanson parce qu'elle représentait tout ce à quoi il aspirait en tant que musicien. Après en avoir enregistré une version instrumentale avec Mulligan, Baker a repris la chanson en 1954 et l'a chantée en étant accompagné d'une batterie parcimonieuse, d'un piano et d'une basse; Son interprétation d'une élégante sobriété feutrée, était caractéristique du style de jazz West Coast, en vogue à l'époque. Si cela ne lui a pas fait gagner le respect des critiques-l'un d'eux ayant qualifié son chant d'une "habitude interminable et prenante" qui le détournait de sa trompette-, il est devenu une figure emblématique pour les adolescents.
Plus important encore, l'équilibre parfait qu'il y avait dans la voix entre rudesse et vulnérabilité, introspection et romantisme, lui a permis de montrer la voie aux futures figures déglinguées de la pop et du rock. Aujourd'hui, Pete Doherty et Amy Winehouse suivent un chemin qu'il a tracé il y a déjà 50 ans. (Source: Les 1001 chansons..., Editions Flammarion)
Pérez Prado, brillant chef d'orchestre, pianiste, arrangeur, compositeur et interprète et à quitté Cuba, son lieu de naissance, en 1947, se sentant étouffé par son éditeur, qui trouvait sa musique novatrice, "trop étrange". Après avoir vécu brièvement à Porto Rico, il s'est installé au Mexique, où son style "mambo" a eu un succès immédiat. Prado n'en est peut être pas l'inventeur sur le plan formel, mais il est réellement à l'origine d'un engouement mondial pour le mambo dans les années 50, grâce à cette chanson, sortie sur un 78 tours. Mambo n°5, l'un des multiples mambos numérotés de Prado est un morceau typiquement saccadé, fanfaron, pétaradant dans les oreilles, accompagné de trompettes aiguës, grinçantes, de saxophones percutants et de percussions très énergiques. Des silences emplis de suspense ponctuent le morceau, et la plupart se terminent par les grognements qui sont la marque de fabrique de Prado. Plutôt que de prononcer des mots dépourvus de sens, il disait "Dilo! (Dis le ou "avoue le).
En 1999, un artiste allemand inconnu jusqu'alors, d'origine ougandaise et sicilienne appelée Lou Bega, a modernisé la chanson originale, et l'a intitulée Mambo n°5 (A little bit of...). Moins recherché sur le plan intellectuel, ce morceau a connu un énorme succès dans le monde entier. La version allongée de Bega contient un échantillon de la chanson de Prado (grognements inclus) ainsi que des paroles consistant en une longue liste souhaitée de conquêtes sexuelles. Depuis, la chanson a été reprise et impitoyablement parodiée. (Source: Les 1001 chansons..., Editions Flammarion)
Surnommé "Hi-de-hoh Man", Cab Calloway était l'un des plus grands chefs de big band des années 30, connu pour ses concerts exubérants. il était également un célèbre chanteur de scat, un style de chant composé d'onomatopées dépourvues de sens, comme l'illustre le refrain "Hi de hi de hi d ho" de Minnie the moocher qui lui a ovulu son surnom et sa renommée.
"J'ai oublié les paroles d'une autre chanson que j'étais en train d'interpréter et j'ai ajouté "skee-tee-tuh-bee et des hi-de-ho et cela a vraiment bien fonctionné", a commenté Cab Calloway des années plus tard, en évoquant sa légendaire chanson. "Je me suis alors mis à écrire Minnie the moocher". Sur le plan de la musique comme des paroles, la chanson s'inspire de Willie the weeper de Frankie "Half-Pint" Jaxon, qui date de 1927 et était interprétée par Bette Davis dans le film The Cabin in the Cotton (Ombres vers le sud, 1932). Elle relate l'histoire de Minnie, "la parasite", une jeune femme qui jouit des plaisirs de la vie, est brutale et endurcie, mais dont "le coeur est aussi vaste que celui d'une baleine". La chanson emploie de nombreux termes d'argot liés à la drogue: Smokie, l'homme avec qui elle se drogue, est un "cockey", un cocaïnomane, et, à Chinatown, lui montre comment "prendre son pied" en fumant de l'opium.
La chanson a immédiatement connu un immense succès et été vendue à plus d'un million d'exemplaires? Devenu spetuagénaire, Calloway l'a réinterprétée de façon charmante dans le film the blues brothers (1980) et celle ci plait toujours autant aujourd'hui. (Source: Les 1001 chansons qu'il fau avoir écoutées dans sa vie, Editions Flammarion)
Qu'il chante l'amour, la fraternité, la liberté ou la révolte, Ferrat n'a jamais voulu séparer poésie et engagement. Et ses auteurs de prédilection sont ceux qui, à l'instar d'Aragon ou d'Eluard, ont marqué l'histoire de la Résistance, ou celle de l'antifascisme, parfois jusqu'au sacrifice de leur vie, comme Federico Garcia Lorca auquel il consacre un texte couronne, en 1962, par le prix Henri Crolla. Mais c'est au nom d'Aragon que le parcours de Ferrat est surtout attaché. Le chanteur a 25 ans, en 1956, lorsqu'il met en musique le célèbre poème Les yeux d'Elsa, interprétée par une vedette de l'époque, André Claveau. On ignore, alors, qui est Ferrat. 18 ans plus tard, tout a changé. Le chanteur, qui vient d'annoncer qu'il abandonne la scène, sort un album au fort retentissement. Sans matraquage médiatique, Ferrat chante Aragon sera vendu a plus de 2 millions d'exemplaires. Plus tard, en 1992, sortira une intégrale Ferrat/Aragon, suivie 3 ans après d'un deuxième volume d 16 nouveaux poèmes. (Source: Y'a d'la France en chansons, Editions Larousse)
Une évocation nostalgique d'une Bretagne d'antan par un jeune artiste prématurément disparu en 1981. (Source: Y'a d'la France en chansons, Editions Larousse)
C'est la première chanson de Robert Lamoureux qui débuta comme chanteur interprète avant de devenir l'humoriste que l'on connait avec Papa, maman, la bonne et moi et le célèbre sketch de La Chasse au canard. (Source: Y'a d'la France en chansons, Editions Larousse)
Native d'Armentières, Line Renaud, belle fille du Nord aux yeux bleus, fit de cette chanson un succès. C'est l'histoire d'une jeune fille locale qui épouse un colonel anglais, dans cette région sans cesse traversée par les armées étrangères. (Source: Y'a d'la France en chansons, Editions Larousse)
L'archipel des Marquises est le plus au nord de la Polynésie, à 1500 kilomètres de Tahiti. Ce sont des îles volcaniques, dépourvues de récifs coralliens protecteurs. Ce qui explique la violence de la houle que Brel évoque dans sa chanson. Les Marquises ont été découvertes en 1595 par le navigateur Alvaro Mendana, venu du Pérou. Plusieurs expéditions-françaises, britanniques, américaines, russes- s'y succèdent jusqu'à ce que l'amiral Dupetit Thouars y décrète en 1842, le protectorat français. Le climat y est chaud (moyenne annuelle de 26°C), les pluies moins fortes qu'à Tahiti et les saison moins tranchées (comme le signale Brel). L'île de Hiva-Oan, dominée par le mont Temetiu à 1190 mètres, à une superficie de 320 kilomètres carrés. On peut y visiter les tombes de Gauguin et de Brel ainsi qu'un superbe centre archéologique dans un sous bois de banyans géants. Le chef-lieu s'appelle Antuona. Brel et Maddly y résidèrent, à flanc de colline, à partir de 1976. Le village est entouré d'une riche végétation de cocotiers, de bananiers et de goyaviers. Il regroupe des petites maisons en bois peintes de couleurs claires et recouvertes de toits en tôle. (Source: Y'a d'la France en chansons,Editions Larousse)
"Un gars du Midi, l'oeil espagnol et l'air d'en avoir plein le buffet", a dit de lui Piaf, impressionnée par sa frénésie scénique et un physique de crooner. Né en 1927, Gilbert Bécaud suit des cours de piano au conservatoire de Nice, où il est primé. En 1942, il gagne Paris et se transforme en groom pour survivre; Malgré son jeune âge, il prend part, aux côtés de son frère, aux actions de la Résistance. La pais revenue, Gilbert Bécaud peut enfin se consacrer à sa passion. Musicien d'ambiance, il devient le pianiste de Jacques Pills, qui lui présente la môme Piaf. Pour elle, ils écrivent Je t'ai dans la peau. Sous le titre Let me be, cette création va devenir, comme Et maintenant (What now my love), une des rares compositions française, à être reprise un peu partout dans le monde, notamment par Sarah Vaughan, Shirley Bassey et Barbra Streisand. En 1952, Gilbert Bécaud triomphe à l'Olympia. Ses fans manifestent leur enthousiasme en brisant les fauteuils. Malgré le succès, dans deux chansons passées à la postérité, le "gars du midi" célèbre ses origines: Les Marchés de Provence, mais aussi Quand t'es petit dans le midi. (Source: Y'a d'la France en chansons, Editions Larousse)
Patrie du "titi parisien", Ménilmontant est aussi celle de son langage si particulier, l'argot. Pendant longtemps, l'argot, qui remonte au Moyen-Âge, fut la langue secrète des voleurs et des criminels. Au XVe siècle, le "jargon" était l'argot des gueux de la cour des Miracles et le "jobelin", ce code langagier si particulier aux bandits de la "Coquille", chanté par le poète François Villon. Au début du XXe siècle, la "langue verte" se dépouille de sa connotation inquiétante pour devenir une sorte de patois commun aux classes populaires parisiennes. Dans les années 30, l'argot, réhabilité, pénètre même désormais le cinéma ou la littérature. Prévert le célèbre dans Le jour se lève (1939) après que Céline lui a donné ses lettres de noblesse dans Voyage au bout de la nuit (1932). (Source: Y'a d'la France en chansons, Editions Larousse)
Confrontée à la terrible défaite de 1940, la France, après avoir conclu l'armistice avec l'Allemagne, le 22 juin 1940, remettait son destin dans les mains du vainqueur de Verdun, Philippe Pétain, le 10 juillet 1940. Ovationné par les foules-lors de ses voyages en province notamment-, le Chef de L'Etat français bénéficiait d'une réelle popularité qu'il entretenait par ailleurs avec soin. La chanson Maréchal, nous voilà! le démontre. "Tube" entonné parfois spontanément en 1941 (dans les Chantiers de Jeunesse par exemple), cette chanson faisait presque figure d'hymne officiel et fut souvent considéré comme tel. Dans les école, les enfants devaient entonner chaque cette bluette pour célébrer, de façon un peu niaise, les mérites du chef vénéré du régime de Vichy... (Source: Y'a d'la France en chansons, Editions Larousse)
Philippe Clay, après son grand succès Le danseur de Charleston a longtemps cherché son second souffle. Il manque un peu le coche avec la vague yéyé et il faut attendre les événements de mai 68 pour renouer avec le succès. Ce grand événement inspire une bonne chanson à ses auteurs, Daniel Faure, Henri Sinclair et Jacques Luent. C'est certes démagogique mais bien réalisé. Avec Mes universités Philippe Clay réussit son second examen de passage! (Source: La Chanson Française à travers ses succès: Pierre Saka, Editions Larousse)
Merveilleux résultat de la collaboration de l'auteur du P'tit vin blanc, Jean Dréjac, avec le roi du cha-cha-cha dans la chanson française, Jean Constantin. Jean Constantin, après avoir été n brillant chef d'orchestre et arrangeur musical, fit le tour des music-halls et des cabarets parisiens avec un répertoire truculent d'humour. (Source: La Chanson Française à travers ses succès: Pierre Saka, Editions Larousse)
Ses oeuvres littéraires sont plus importantes que ses chansons. Et pourtant, Pierre Mac Orlan a fréquenté assidûment les chanteurs et cabarets montmartrois. On le rencontrait souvent au Lapin agile en compagnie de Max Jacob, Gaston Couté et Léon Paul Fargue. La plupart de ses chansons ont été faites en collaboration avec l'accordéoniste V. Marceau qui trouvait les musiques idéales pour habiller sa poésie un peu canaille et surréaliste. Marie-Dominique est l'une de ces chansons à soldats écrite à l'époque de la guerre d'Indochine, "pour me libérer de cette mélancolie vague qui naît des documents perdus et des oeuvres oubliées. (Source: La Chanson Française à travers ses succès: Pierre Saka, Editions Larousse)
Cette chanson devint un symbole qui fit de Jacqueline François la plus parisienne des interprètes; une admirable ambassadrice de la chanson française aux quatre coins du monde. C'est à la suite d'un arrangement de Paul Durand sur une chanson de Florence Véran, Bal de nuit, qu'Henri Contet eut l'idée de cette Demoiselle de Paris. (Source: La Chanson Française à travers ses succès: Pierre Saka, Editions Larousse)
Chanson unique en son genre, musicalement, parce qu'écrite sur la gamme: le premier vers avec le do, le deuxième avec le "ré" et ainsi de suite. Tout d'abord interprétée par Jamblan, chansonnier à la Lune rousse, aux Deux Ânes, etc, cette chanson est reprise par Charles Trenet, qui en donne une version internationale sous le titre: En écoutant mon coeur chanter. (Source: La Chanson Française à travers ses succès: Pierre Saka, Editions Larousse)
Fortugé: Mes parents sont venus me chercher (1921)
Le plus grand succès de Fortugé. Le plus fin diseur du début du siècle dans la lignée de Dranem. Sa silhouette de Pierrot rêveur mâtiné de paysan endimanché n'en imposait pas à première vue; il était petit, frêle, les cheveux courts etl es sourcils blonds, mais il possédait un sens du comique de très grande classe. Il disparaîtra très jeune, en 1923, à l'âge de 36 ans. (Source: La Chanson Française à travers ses succès: Pierre Saka, Editions Larousse)