Odette Laure: Tout ça parce qu'au bois de Chaville (1950)
Il est des refrains légers qui séduisent sans complexe le plus grand nombre. Comment expliquer que la naïveté de Tout ça parce qu'au bois de Chaville connaisse autant de succès? En quelques mois, ils seront nombreux à reprendre cette chanson à leur répertoire: Jean Lumière, Jacques Pills, Odette Laure sans oublier l'auteur du refrain lui-même, Pierre Destailles. La raison de cet engouement est sûrement à chercher dans la simplicité de la mélodie que l'on doit à un pianiste-compositeur lorrain, Claude Rolland. Sa carrière avait pourtant commencé sous d'autres auspices que ceux de la chanson de variété. En effet, avant la guerre, Claude Rolland était un concertiste réputé se produisant dans les plus grandes salles de concert. Blessé dans un bombardement en 1944, il est contraint d'abandonner sa carrière. Il se consacre alors à la composition. Tout ça parce qu'au bois de Chaville reste l'un de ses plus grands succès qui nous tient encore aujourd'hui sous son charme. (Source: Fascicule "Les plus belles chansons françaises n°34", Editions Atlas)
Formé au dur apprentissage des cabarets, Bourvil, à la fin des années 40, renouait avec l'esprit bon enfant de la Belle Epoque. La tactique du gendarme, dont il a écrit les paroles sur une musique de E. Lorin, se voulait en tout point consensuelle. La France aime ses gendarme, tel est en substance le message de cette chanson enregistrée en 1949. Quant à son interprète, il s'était déjà laissé séduire par le 7e art. (Source: Fascicule "L'encyclopédie de la chanson française n°9", Universal Collections)
Composées par Jean Villard et Vaudois Gilles en 1947, Les trois cloches ont fait connaître les Compagnons de la Chanson en France et hors des frontières. Edith Piaf a joué à cet égard un rôle décisif, puisqu'elle est venue prêter main forte au groupe vocal. Les trois cloches sont considérées comme un hymne à la tradition. Elles symbolisent aussi les trois étapes de la vie. (Source: Fascicule "L'encyclopédie de la chanson française n°9", Universal Collections)
Tchi Tchi!, extrait du film Marinella sorti en 1936, lance Tino Rossi au cinéma, la meilleur vitrine possible pour faire connaître un chanteur à une époque où la télévision n'existait pas encore! Dans Marinella, Tino Rossi joue mais surtout interprète Tchi Tchi, Marinella, mais aussi J'aime les femmes, C'est ma folie, Laissez-moi vous aimer, Pour t'avoir au clair de lune, compositions toutes signées Vincent Scotto. Ecrites sous forme de java, de rumba ou de tango-parfaites pour ce ténorino à la voix de velours-, ces chansons ne vont pas tarder à faire tanguer le coeur des femmes. (Source: Fiche "Tchi Tchi", Collection "plaisir de chanter", Editions Atlas)
Tant qu'il y aura des étoiles est tiré d'un film sorti en 1936, Au son des guitares, qui a pour principale vedette Tino Rossi. Surfant sur son image de latin lover, Tino joue le rôle d'un pêcheur corse épris d'une belle Parisienne en vacances sur l'île de Beauté, avec qui il vit une idylle d'un soir. Il décide de la rejoindre à Paris, mais la jeune femme, jouée par Nita Raya, lui fait comprendre que leur aventure n'aura pas de lendemain...L'intrigue est prétexte à de nombreuses chansons, dont Bella Ragazzina, Loin des guitares, Chanson pour ma brune. (Source: Fiche "Tant qu'il y aura des étoiles", Collection "plaisir de chanter", Editions Atlas)
Lors d'un premier casting dans un studio hollywoodien, on l'avait noté comme ceci: "Incapable de jouer, incapable de chanter. Peut danser un petit peu." Ceci n'empêche pas Frederick Austerlitz, dit Fred Astaire, né en 1899, de faire la stupéfiante carrière qu'on lui connaît, avec ou sans sa partenaire Ginger Rogers, dès les années 30. Sans doute ne chantiat il pas comme un dieu, mais sa finesse, sa grâce et son charme compensaient largement ses faiblesses vocales... Ce The way you look tonight fut pourtant l'un des immenses succès de 1936 en Amérique, allant même jusqu'à remporter l'Oscar de la meilleure chanson (extraite du film Swing Time) l'année suivante. (Source: Fascicule "La Discothèque du 20e siècle: 1930/39", Polygram Direct)
Fils du poète Franc Nohain, frère du comédien Claude Dauphin, Jean-Marie Legrand- le futur Jean Nohain- est né à Paris en 1900. Jusqu'à l'âge de 35 ans, il porte sans grande conviction la robe d'avocat, tout en écrivant des livres pour enfants sous le pseudonyme de Jaboune. Il écrit aussi des textes pleins d'esprit. Sa rencontre avec Mireille en 1931 sera déterminante. Tous deux signent de nombreuses chansons (Couchés dans le foin, C'est un jardinier qui boite, Les Trois gendarmes, Quand un vicomte) qui, par leur fraîcheur et leur humour, annoncent le grand renouveau de la chanson française. Elles sont interprétées par les vedettes de l'époque: Jean SAblon, Pills & Talbet, Maurice Chevalier, Ray Ventura et ses collegiens et bien sûr Mirelle elle -même qui de sa voix acidulée, enregistre avec bonheur Le petit chemin, Papa n'a pas voulu ou Les trois petits lutins. Ayant définitivement renoncé au barreau, Jean Nohain se consacre désormais à la chanson et à la radio. Il est un des premiers animateurs de jeux radiophoniques, et après la guerre, d'émissions de télévision particulièrement populaires (Reine d'un jour, 36 chandelles). (Source: Fiche "Tout petit", Collection "plaisir de chanter", Editions Atlas)