Serge Lama: l'Algérie (1975)
La guerre d'Algérie a suscité assez peu de chanson et de films, contrairement à ce qui a u se passer aux Etats Unis, après la guerre de Vietnam. On peu citer des oeuvres comme R.A.S. d'Yves Boisset (1973), Les Centurions, d'après le roman de Jean Lartéguy (1966), ou Avoir 20 ans dans les Aurès de René Vautier (1972. La chanson de ce dernier film, Mets pas tes pieds dans cette merde est un des rares titres à avoir été directement consacrés à cet épisode douloureux de l'Histoire de France. Pendant le conflit, les appelés qui partaient de l'autre côté de la Méditerranée avaient même pris comme chanson fétiche Y'avait Fanny, un titre nostalgique d'Hugues Aufray, qui n'avait rient à voir avec les événements. Après l'indépendance de l'Algérie (1962), Enrico Macias, sur fond de musique arabo-andalouse, exprima avec humanisme le point de vue des rapatriés, gommant de ce fait la dimension de rancoeur du phénomène. En 1975, Serge Lama, jusque là plutôt attaché aux thèmes de l'amour et des rapports hommes-femmes, se risque à aborder la question, en prenant le point de vue des appelés, de ces oubliés de l'histoire (les "troubles" d'Algérie n'étant pas reconnue comme une guerre), qui, pourtant, dans leur majorité, s'étaient opposés au putsch des généraux favorables au maintien de la colonisation. Les paroles de Serge Lama sont pleine d'émotion contenue, que souligne sur le disque, la belle orchestration de Jean-Claude Petit. Certains, toutefois, ont reproché au refrain de parler de l'Algérie au passé (C'était un beau pays/L'Algérie), ce qui pourrait laisser croire que ce ne serait plus le cas depuis le départ des Français. Pourtant le dernier refrain prend soin de préciser "Ça reste" au lieu de "C'était". Ecrire une chanson n'est jamais chose facile... (Source: Y'a d'la France en chansons, Ediitons Larousse)
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